Vous êtes en cours d’obtention de votre permis de conduire et vous cherchez une solution pour gagner en expérience avant l’examen final ? La conduite supervisée pourrait être la réponse adaptée à vos besoins. Dans cet article, nous allons explorer en détail ce dispositif, ses avantages, son fonctionnement, et surtout les implications en matière d’assurance automobile. Cette alternative à la conduite accompagnée offre une flexibilité précieuse pour les candidats au permis âgés de plus de 18 ans, sans imposer de contraintes de kilométrage ou de durée minimale.
Qu’est-ce que la conduite supervisée exactement ?
La conduite supervisée est un dispositif souvent confondu avec la conduite accompagnée, mais qui présente des différences significatives. Contrairement à l’Apprentissage Anticipé de la Conduite (AAC) qui s’adresse aux jeunes dès 15 ans, la conduite supervisée est destinée aux personnes majeures qui souhaitent compléter leur formation avant de passer l’examen du permis de conduire, ou qui désirent prendre des heures supplémentaires après un échec à l’épreuve pratique.
Le déroulement de la conduite supervisée
Pour accéder à ce dispositif, plusieurs étapes sont nécessaires :
- Réussir l’examen du Code de la route
- Suivre une formation pratique d’au moins 20 heures (dont 15 heures sur voies ouvertes à la circulation)
- Obtenir une attestation de fin de formation initiale (AFFI)
- Participer à un rendez-vous préalable de 2 heures avec un moniteur et l’accompagnateur choisi
- Informer l’assurance de l’accompagnateur pour couvrir la conduite supervisée
Une fois ces conditions remplies, vous pouvez prendre le volant avec votre accompagnateur jusqu’à ce que vous vous sentiez prêt à passer l’examen pratique du permis.
Conduite supervisée vs conduite accompagnée : les différences essentielles
Ces deux méthodes d’apprentissage présentent plusieurs distinctions importantes à connaître :
- Âge requis : 15 ans minimum pour la conduite accompagnée, 18 ans pour la conduite supervisée
- Exigences de pratique : la conduite accompagnée impose au moins 3000 km sur une période minimale d’un an, alors que la conduite supervisée n’a aucun seuil obligatoire
- Impact sur l’assurance : contrairement à la conduite accompagnée, la conduite supervisée ne réduit pas la surprime jeune conducteur
- Durée du permis probatoire : reste à 3 ans avec la conduite supervisée (contre 2 ans pour la conduite accompagnée)
Les conditions nécessaires pour la conduite supervisée
Pour pouvoir bénéficier de ce dispositif, certaines conditions doivent être impérativement respectées :
Conditions pour l’élève
- Être titulaire du Code de la route en cours de validité
- Avoir suivi une formation pratique d’au moins 20 heures
- Posséder une attestation de fin de formation initiale (AFFI)
- Disposer d’un livret d’apprentissage mentionnant l’autorisation de conduire en conduite supervisée
Critères pour l’accompagnateur
- Être titulaire du permis B depuis au moins 5 ans
- Être âgé d’au moins 23 ans
- Avoir obtenu l’accord préalable de sa compagnie d’assurances
- Ne pas avoir subi d’annulation ou d’invalidation du permis au cours des 5 dernières années
L’assurance et la conduite supervisée : ce qu’il faut savoir
L’assurance automobile est un aspect crucial de la conduite supervisée qui ne doit pas être négligé.
L’obligation d’assurance
Conformément à l’article L. 211-1 du Code des assurances, tout véhicule terrestre à moteur doit être assuré, quel que soit le statut du conducteur. Pour la conduite supervisée, c’est l’assurance de l’accompagnateur qui couvrira l’apprenti conducteur. Il est donc impératif d’informer la compagnie d’assurances de cette pratique qui représente un risque supplémentaire.
Sans cette extension de garantie avec accord préalable de l’assureur, la prise en charge pourrait être contestée en cas d’accident. Heureusement, la plupart des compagnies n’appliquent pas de surprime pour cette extension.
Que faire en cas de refus d’extension d’assurance ?
Les assureurs peuvent légitimement refuser de couvrir la conduite supervisée dans certains cas, notamment si l’accompagnateur a commis des infractions graves (homicides involontaires, conduite en état d’ivresse, délit de fuite, etc.).
Face à un refus, deux options s’offrent à vous :
- Comparer les offres d’autres compagnies d’assurances et résilier le contrat actuel (possible à tout moment après un an)
- Faire appel au médiateur des assurances si le refus semble injustifié
L’impact sur l’assurance après l’obtention du permis
Après avoir obtenu votre permis de conduire suite à une formation incluant la conduite supervisée, vous serez toujours considéré comme un jeune conducteur par les assureurs, avec les conséquences financières que cela implique.
La surprime jeune conducteur
Contrairement à la conduite accompagnée qui permet de bénéficier d’une réduction de la surprime jeune conducteur, la conduite supervisée n’offre aucun avantage tarifaire spécifique. Vous serez soumis aux mêmes majorations qu’un conducteur ayant suivi un parcours classique :
- 1ère année : surprime de 100% (contre 50% après conduite accompagnée)
- 2ème année : surprime de 50% (contre 25% après conduite accompagnée)
- 3ème année : surprime de 25% (contre 12,5% après conduite accompagnée)
L’évolution du bonus-malus
La conduite supervisée ne permet pas d’accumuler de bonus avant l’obtention du permis. Votre coefficient de bonus-malus initial sera donc de 1. Sans accident responsable, ce coefficient évoluera progressivement chaque année (0,95 après un an, 0,90 après deux ans, etc.), pour atteindre 0,5 au bout de 13 ans, réduisant ainsi le montant de votre prime d’assurance.
Comment économiser sur son assurance après la conduite supervisée ?
Même si la conduite supervisée n’offre pas d’avantages tarifaires immédiats, il existe des stratégies pour réduire le coût de votre assurance auto :
- Comparer systématiquement les offres des différentes compagnies
- Opter pour une voiture de petite cylindrée, moins puissante et donc moins chère à assurer
- Accepter une franchise plus élevée pour réduire la prime mensuelle
- Conduire prudemment pour éviter tout accident responsable et accumuler du bonus
- Envisager des formules au tiers plutôt que tous risques pour les véhicules de faible valeur
Conclusion : les avantages de la conduite supervisée
La conduite supervisée offre plusieurs atouts significatifs malgré l’absence d’avantages sur les surprimes d’assurance :
- Flexibilité : aucune contrainte de kilométrage ou de durée minimale
- Économie : réduction du coût global du permis en limitant le nombre d’heures payantes en auto-école
- Expérience : acquisition de pratique complémentaire permettant d’aborder l’examen avec plus de confiance
- Sécurité : meilleure maîtrise du véhicule réduisant les risques d’accident une fois le permis obtenu
Si vous êtes majeur et que vous souhaitez compléter votre formation avant l’examen du permis de conduire, la conduite supervisée représente une alternative intéressante. N’oubliez pas toutefois l’importance de bien vérifier les conditions d’assurance pour éviter toute mauvaise surprise en cas d’accident. Avec une bonne préparation et le respect des règles, cette formule peut significativement augmenter vos chances de réussite à l’examen et vous aider à devenir un conducteur plus sûr et expérimenté.